François Vincent à la Galerie Lacerte

Plus de trois ans se sont écoulés depuis la dernière exposition du peintre François Vincent à notre galerie de Québec. Trois années fastes en recherche et en introspection, pendant lesquelles le peintre a développé un univers mystérieux peuplé d’objets à la fois indéfinis et chargés de sens.

Un soir, une nuit et six jours : tel est le titre annonçant cette suite récente, composée de huit toiles de très grand format (4′ X 5′). Cette série d’œuvres se déploie dans le temps, comme les titres le suggèrent : un soir, une nuit, premier jour, deuxième jour, troisième jour, quatrième jour, cinquième jour et sixième jour. De plus, chacune des toiles partage avec les autres des éléments narratifs similaires : imprimés et rayures, disposés sur la toile qui sert de cadre scénique. Mais, au-delà de cette simplicité formelle, François Vincent oblige le regard à interroger les apparences, à réinventer une lecture qui permet de saisir le non-dit.

« Ni l’impression de réalisme ni le grand talent d’observation de l’artiste ne parviennent à déstabiliser autant que son aptitude à intégrer cette maîtrise au sein d’un imaginaire atypique. Les éléments formels de ces tableaux « déclassent » constamment la logique de la perspective alors que l’ensemble confère une impression de réel. »

(…)

« La chaîne de motifs disposés en drapé convient corollairement à des scènes comportant de fortes connotations religieuses (robe virginale, lange ou linceul christique, voire le vêtement pastoral dans son ensemble), ne serait-ce que par l’insistance portée au bleu royal et au carmin. Ces ornements à la verticale scindent les tableaux en différentes parois qui suggèrent une dissimulation, mais plus encore, un espace confessionnel. Cette configuration austère relève du même souci de ritualisation formelle, de fétichisme sacré que les masses oblongues à leur base. »

(…)

« Conséquemment, une des particularités de cette série de huit tableaux réside dans le fragile équilibre entre la répétition et la dissemblance. Vincent engage des duels entre les verticales (drapé à motifs, ombre et lumière) et les horizontales (masses rayées, ombre et lumière), de sorte que, par ces doublés contraires, puissent subsister une discontinuité formelle au côté d’un élément récurrent, à savoir l’entité du clair et de l’obscur. »

(Annie Lafleur, Discipline de l’inconnaissable)

Vernissage le samedi 3 septembre, de 14h à 17h.

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