« Décharge festive d’une allégorie concave » de Charles Fleury à Regart

Durant les trois semaines précédant le vernissage de l’exposition, Charles Fleury s’est véritablement approprié la galerie de Regart en y développant, in-situ, son univers chaotique. Élaborée à partir de l’Allégorie de la caverne de Platon, l’installation intitulée Décharge festive d’une allégorie concave ressemble à un décor théâtral, une mise en scène Dada ou miroir trash de la société.

L’artiste, qui travaille à partir d’objets récoltés, récupérés et transformés, nous propose ici de pénétrer dans un univers anarchique aux accents à la fois absurde et cauchemardesque. Pour découvrir l’installation le public est invité à traverser une architecture faite de rebuts, une sorte de Merzbau (Kurt Schwitters), qui semble tenir en équilibre par un heureux hasard. Via ce passage initiatique, fait des planches de bois rafistolées et de cadres de fenêtres réinvesties, le visiteur se retrouve alors immergé dans l’univers de Charles Fleury.

Ce décor loufoque, composé de reliques, de trouvailles de poubelles et d’objets insolites est aussi agrémenté de plusieurs vidéo. Les films qui passent en boucle sur différents écrans viennent alors créer des interstices virtuels, autres divagations sur l’évolution de l’humain en prise avec ses chimères. Spectateurs de ces vidéos énigmatiques, nous côtoyons, à même le dispositif d’installation, d’autres regardeurs passifs : des sortes de mannequins hybrides, composés aussi de bric et de broc. Leur présence nous interpelle ironiquement sur notre attitude dans un monde aujourd’hui hyper-médiatisé, où la consommation dérive bien souvent à la suraccumulation.

Avec Décharge festive d’une allégorie concave, Charles Fleury nous propose une expérience sensorielle, voire théâtrale, dont nous
sommes nous-même acteurs. Son installation est un décor créé pour mieux nous plonger dans une réflexion sur notre rapport au monde et à l’accumulation matérielle, qui nous conforte parfois dans une apathie générale, tels les prisonniers de la caverne.

Charles Fleury vit et travaille à Québec. Il a obtenu son diplôme de deuxième cycle en arts visuels à l’Université Laval en 2008 et poursuit depuis l’automne 2011 un programme d’enseignement des arts plastiques. Artiste oeuvrant en installation, en vidéo et en peinture, Charles Fleury a participé à plusieurs expositions collectives à Québec, dont Flamant rose, rose, chaise et autres banalités, à la galerie Tzara, à Québec, en 2009. En 2008, l’artiste a exposé son installation Règne 32 et Refoulement à la galerie des arts visuels de l’université Laval. Plus récemment, il a présenté son travail en peinture en duo avec Patrick Sternon, dans la salle Multi du complexe Méduse (QC).

Du 22 mars au 22 avril, à Regart. Vernissage le jeudi 22 mars dès 17h.

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