Gwenaël Bélanger et Richard Deschênes à VU

Gwenaël Bélanger, Dépeindre

Gwenaël Bélanger a pris des photos de peintures tirées de la collection du Musée national des beaux-arts du Québec. Entre les toiles et l’objectif s’interposent des vitres que l’artiste a peintes à l’aide de graisses. Empêchant de distinguer les détails des oeuvres photographiées, cette trame translucide ne laisse entrevoir que les couleurs, la lumière, la composition à travers le hors foyer qu’il intensifie. Ce sont les coups de pinceau graisseux de l’artiste que l’on perçoit nettement; la touche, la patte, la manière, qui renvoie alors au geste du peintre actualisant les mythes de l’histoire de l’art.

Et c’est avec un procédé d’une simplicité propre à sa démarche que Bélanger diffracte notre perception d’oeuvres justement issues de notre histoire de l’art, dont il nous propose une vision à la fois brouillée et enrichie par des jardins de givre.

Gwenaël Bélanger vit et travaille à Montréal où il est professeur à l’UQAM. Son travail a été présenté au sein de nombreuses expositions collectives dont la Manif d’art 3 à Québec (2005), le Contact Photography Festival à Toronto (2009) et The Hidden Land à la Galerie Nettie Horn de Londres (2009); et également lors de plusieurs expositions solo partout au Canada, notamment à la Galerie de l’UQAM, au Musée Régional de Rimouski et à la Galerie Graff qui le représente. De nombreuses collections publiques ont fait l’acquisition de ses oeuvres en plus de collectionneurs privés au Canada et en Europe. Bélanger est récipiendaire du Prix Pierre-Ayot 2009 de la Ville de Montréal.

 

Richard Deschênes, Soustractions

Peu d’images ont un poids de vérité aussi lourd que celui de la photographie de presse puisqu’elle est soumise à une éthique de la retouche. C’est justement ce type de photographies que Richard Deschênes a manipulé en morcelant les images dans le but de les reconstruire autrement. À la main, l’artiste a additionné des fragments de photo jusqu’à en soustraire le sujet principal : son contenu, sa finalité, son information.

En soustrayant l’information de la photographie d’information, est-ce le vide que l’artiste nous donne à voir ? Ces mosaïques de scènes sans sujet qu’il propose, Deschênes les nomme des lieux psychologiques, des endroits habités d’une charge psychologique. Ces scènes, à la fois familières et étranges, nous transportent dans un univers énigmatique.

Richard Deschênes oeuvre en peinture, en dessin et aussi à partir de photographies. Il vit et travaille à Montréal où il a fait un baccalauréat en arts visuels à l’Université Concordia (1985) avant de poursuivre ses études au Pratt Graphics Center à New York (1986). Ses oeuvres ont été présentées lors de nombreuses expositions partout au Québec et à l’international notamment à Paris, Shanghai, en Espagne, à Londres et New York où il a réalisé des résidences. Récompensé par plusieurs bourses du Conseil des Arts du Canada et du Conseil des Arts et des Lettres du Québec son travail fait partie de plusieurs collections privées et publiques.

Jusqu’au 15 décembre, à VU.

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