« Les Brûlants » d’Alain Lefort chez Lacerte

Lacerte art contemporain à Québec est fière de présenter des extraits de la série Séraphim de l’artiste Alain Lefort réunis sous le titre LES BRÛLANTS.

Séraphim (2013) s’inscrit dans une suite photographique fleuve exploitant la figure mythologique de Pan, lequel aurait eu un royaume sur une île, métaphore par excellence de la nature dense et riche que le photographe Alain Lefort privilégie depuis quelques années. Les séries Arcadia et La voie du bruant (2010) suivies de près par Le Souffle d’Écho (2012) correspondent ainsi à des points de vue différents du mythe; les feuilles de saules, comme des clefs de voûte pour pénétrer les épaisses murailles de foliacée, ou encore, Le souffle d’Écho, épouse de Pan, qui hante l’impénétrable forêt de mangroves des célèbres Everglades. La suite Séraphim vient presque naturellement clore le cycle de la faune et de la flore de cette métaphore filée : papillons de nuit et Bombyx incarnent les derniers habitants du royaume de Pan.

Séraphim signifie « les brûlants », ou « les anges qui brûlent », en hébreu. Comme sortis des Enfers pour venir s’éteindre sur Terre, ces papillons sont issus de différentes collections et serres privées, en plus de quelques trouvailles personnelles. Reprenant le motif de la collection que l’on retrouve, par ailleurs, dans La voie du bruant, la plupart des spécimens ont été numérisés dans le but de les illuminer de toute part. La numérisation envoie un signal lumineux éblouissant le sujet sur toutes ses coutures, ne laissant aucun détail au hasard. Les papillons de nuit sont pour ainsi dire invisibles, chercheurs d’ombres et de nourriture boudée par d’autres espèces. Ma démarche consiste ici à faire voir cette singularité à la fois spectaculaire, monstrueuse et majestueuse. Chaque portrait s’attarde à une particularité — couleur, reflet, texture —, de ces petits animaux à fourrure poudrée.

Chacune des photogaphies se présente comme un portrait-robot improbable, pourtant dessiné à la perfection par un seul témoin : la lumière. Ce que l’on voit, ce sont des pattes et des antennes qui adoptent des poses de brindilles cassées ou arrachées, des yeux intenses comme des joyaux perdus, des corps tissés à même la nuit; une nuit ébouriffée, éblouie. Plus encore, la photographie et la patiente numérisation de près de 200 espèces sur fond noir donnent à voir la magie de créatures peu regardées, sinon jamais vu telles, habituées à se fondre à leur décor. Robes, mantelines, velours, capes, foulards, perles et soie n’appartiennent plus qu’à la nuit seule, mais aux choses troublantes du ravissement et de la beauté.

Alain Lefort est né à Montréal (Canada) en 1968, où il vit et travaille présentement. Il a étudié la photographie à l’Université Concordia à Montréal. Ses œuvres ont fait l’objet de plusieurs expositions individuelles et collectives au Canada (Toronto, Winnipeg et Montréal). En 2005, il prend part à la XIIIe Biennal Internacional de Arte à la Villa Nova de Cerveira au Portugal. Il remporte le prix MARUBI en 2003, pour ses photographies artistiques prises à Tirana en Albanie. On retrouve ses œuvres notamment dans les collections du Prêt d’œuvres d’art du Musée national des beaux-arts du Québec et le Cirque du Soleil.

Du 17 au 30 avril 2014. Rencontre avec l’artiste le samedi 19 avril, 14h à 17h.

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