Jonathan Villeneuve, Gabriel Morest et Badr El Hammami à L’Oeil de poisson

b158b2f9-464a-404b-9654-ee3c4cad4b7f

Jonathan Villeneuve, Après le déluge

Jonathan Villeneuve nous présente une exposition intitulée Après moi le déluge. Non pas inspiré par les inondations de l’Œil de Poisson, mais par celles de la Bow River au sud de l’Alberta à l’été 2013, Villeneuve a réalisé Life Saver, un nouvel automate conçu à partir de deux instruments de musique rescapés in extremis des flots du National Music Centre et d’une embarcation. À celle-ci, Villeneuve adjoint une autre de ses créations : Sérénade, construite à partir d’un baril en métal, des restes d’une scie à ruban et de tuyaux de cuivre assemblés sur du gazon synthétique. Entonnant chacune l’air de chansons bien connues, ces deux machines convient le visiteur à une expérience poétique mémorable où contradictions et paradoxes révèlent la richesse de leurs discours et interprétations.

Jonathan Villeneuve créé des machines poétiques en assemblant des matériaux familiers desquels il préserve, le plus souvent, l’aspect original. Formant des paysages automates qu’il met en scène, ses œuvres fascinent par la familiarité de leurs matériaux et par la complexité de leurs dispositifs mis à nu. Le mouvement organique de l’assemblage insuffle à la fois vie et âme à ces mécanismes rigoureux où nature et technologie dialoguent. Devant ces machines ludiques, le spectateur est convié à vivre une expérience sensible et immersive.

Diplômé de l’École des arts visuel et médiatique de l’Université du Québec à Montréal en 2006, Jonathan Villeneuve a complété un MFA/Open Media à l’Université Concordia en 2009. Son travail a été présenté au Québec et au Canada notamment chez Oboro, à la Chambre Blanche, à la Grunt Gallery, au Festival de musique actuelle de Victoriaville et plus récemment à la Triennale d’arts et nouveaux médias au Musée national de Chine à Beijing. Il a également pris part à de nombreux projets collaboratifs en art numérique qui ont été présentés dans plusieurs festivals et événements en Europe.

3424b744-db22-46c4-8d91-949a20d80285

Gabriel Morest, La Butte de l’idolâtrie

L’installation La butte de l’idolâtrie réunit une série de sculptures se déployant en hauteur dans l’espace de la petite galerie. Assemblage de matériaux et d’objets hétéroclites, ces oeuvres au caractère anthropomorphique et à l’esthétique brute font cohabiter les références de cultures et d’époques multiples. Les archétypes du passé auxquels elles renvoient sont ici réinterprétés par divers référents contemporains afin de générer une réflexion sur la notion d’icône.

Les recherches conceptuelles de Gabriel Morest posent une réflexion sur la société et sur la perception de l’homme face à son histoire, ses icônes, sa violence, ses joies, ses peurs, ainsi que ses échecs et ses gains. Par des sculptures au rendu brut se réappropriant les schèmes visuels et historiques de la sculpture classique, Morest remet en doute la prestance et l’impact de l’objet d’art comme valeur historique et politique. Regroupées au sein d’installations, ses œuvres sculpturales forment des corpus à la fois puissants et évocateurs cherchant à provoquer une action critique du monde environnant.

Gabriel Morest a terminé un baccalauréat en arts visuels à l’Université du Québec à Montréal en 2010. Au cours de ses études, il a pris part à un programme d’échange à l’École supérieure des arts décoratifs de Strasbourg en France. Il a entre autres remporté la bourse d’excellence en peinture de la Fondation McAbbie en 2009 et obtenu la mention du jury pour le prix Albert Dumouchel en 2010. Son travail a été présenté de façon individuelle à la Maison de la culture de Gatineau en 2011 et il a également pris part à plusieurs expositions collectives à Montréal, Rouyn-Noranda ainsi qu’à Sarcelles en France.

f813158e-8cb2-434e-95de-1c8c0872e832

Badr El Hammami, Mémoire #2

Variante de la photographie de classe, Mémoire #2 propose une illusion photographique lentement animée par la réflexion du soleil dans des miroirs tenus par un groupe d’enfants. Combiné à la lenteur du montage, ce procédé rudimentaire fait successivement apparaître et disparaître les protagonistes. Engendrant un questionnement sur les problèmes de la mémoire, cette vidéo fait également partie d’une intervention menée par l’artiste auprès de jeunes de l’École Moulay Rachid à Al Hoceima au Maroc.

Badr El Hammami expérimente de façon poétique le concept de frontière autour d’un ensemble d’installations, de textes, de photographies, de vidéos et de performances. Il remet en question cette notion arbitraire sans laquelle l’étranger ne serait pas. Son statut d’immigrant en France lui permet une lecture paradoxale des cartes et des territoires. Ceux-ci ne se présentent pas comme « des pays juxtaposés, ni des formes», mais plutôt comme «un réseau de lignes, une forme rhizomique qui connecte tous les territoires.»

Originaire du Maroc, Badr El Hammami est établi en France depuis 2001. Diplômé de l’École Régionale des Beaux-Arts de Valence en 2009, il a pris part à de nombreuses expositions individuelles et collectives présentées notamment en France, en Jordanie, en Russie ainsi que dans plusieurs pays d’Afrique. Ses œuvres ont été acquises par le Fonds départemental d’art contemporain Seine-Saint-Denis et le Musée National du Mali.

Du 27 mars au 26 avril 2015. Vernissage le 27 mars, 20h, précédé d’une rencontre avec les artistes à 19h30.

  1. No trackbacks yet.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :