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Traversée et résidence de Laurent Lévesque à La Chambre blanche

C’est à bord d’un cargo transpacifique qui quitte Shanghai pour rejoindre Prince Rupert que Laurent Lévesque entame la troisième partie de son projet Friendly Floatees et la première de son travail avec LA CHAMBRE BLANCHE. Dans le Cargo qui l’amène jusqu’en Colombie-Britannique, Laurent Lévesque réalisera le dernier point d’ancrage de son projet dans un lieu réel. Faisant en quelque sorte écho à la perte complète de repères qui caractérise cet espace virtuel, la structure s’ouvrira sur ce cargo isolé en plein océan.

Friendly Floatees, est une installation numérique créée avec des technologies photographiques de réalité virtuelle comme celles utilisées dans Google street view. Cet espace est construit d’une espèce de cieux sans horizons, sans astres, sans nuages, qui se déploient sur 360 degrés au travers duquel le visiteur se déplace via un dispositif d’interaction.

L’espace est constitué essentiellement d’étendues bleues. Il y flotte des milliers de sacs de plastique tous photographiés à des moments différents de leur interaction avec l’environnement. Ils sont figés dans chacun des cieux, nous donnant la sensation de l’espace, la sensation du paysage. Pourtant, les espaces ainsi créés défient les notions, de distance, de temps et de perspective, fonctions fondamentales du paysage.

Après ce temps en mer et ce travail d’ancrage, Laurent Lévesque, complètera sa résidence à LA CHAMBRE BLANCHE. Dans un deuxième temps, au mois d’août, il poursuivra son projet dans le laboratoire de la chambre blanche. À cette étape, il achèvera la structure, en peaufinera le fonctionnement et procèdera à des tests d’installation.

Laurent Lévesque est né à Sorel en 1982 et a grandi dans Lanaudière. Il vit et travaille à Montréal. Ses travaux ont été présentés à travers le Québec ainsi qu’en Ontario, en France et au Pérou et l’ont mené à participer à plusieurs programmes de résidences tant sur le plan local qu’international. Son projet Friendly Floatees, réalisé dans le cadre de sa résidence à la chambre blanche, a reçu le soutien du Conseil des arts et des lettres du Québec et sera présenté à l’automne 2015 à l’occasion d’une exposition d’envergure au Musée des beaux-arts de Sherbrooke.

Traversée de Shangai à Prince Rupert a eu lieu du 14 au 28 avril. Résidence de création du 7 au 24 août 2015.

Naiana Magalhães en résidence à La Chambre blanche

LA CHAMBRE BLANCHE est heureuse de recevoir l’artiste Naiana Magalhães en cette quatrième année du programme d’échanges avec le Musée de l’image et du son de São Paulo (Brésil). Naiana Magalhães sera en résidence in situ du 9 mars au 3 mai. Elle y présentera le fruit de sa résidence intitulé Antérieur.

Travaillant principalement avec la vidéo, Naiana oriente sa pratique sur l’observation, elle se place en retrait observe et capte les effets rebonds d’un geste ou d’un incident qui n’apparaît jamais à l’écran. Elle présente le fruit de ses observations dans des vidéos. Par exemple, une vidéo nous montre un tronc d’arbre illuminé par le rouge de gyrophares de voitures policières. L’arbre palpite au rythme des gyrophares et semble saigner, les feuilles rouge sang. Elle ne filme pas les policiers omniprésents, les arrestations arbitraires et souvent violentes. Nous ne voyons jamais la voiture de police, jamais le gyrophare. Naiana nous montre les choses sous un autre angle, détachées de l’acte comme tel, elle nous montre l’arbre et les feuilles qui deviennent rouge sang, illuminés par les gyrophares.

Pour son travail de résidence à LA CHAMBRE BLANCHE, Magalhães sort un peu de sa zone de confort, c’est-à-dire qu’elle n’utilisera pas la vidéo, mais bien l’installation et le son. Une affirmation attribuée à Leonardo de Vinci veut que si nous enfonçons au plus profond des océans des tubes très longs, il suffit de placer notre oreille sur l’embout du tuyau qui reste hors de l’eau pour entendre tous les vaisseaux sur toutes les mers. C’est ce qui a inspiré les inventeurs du sonar et qui est l’idée maîtresse de la démarche de Naiana à LA CHAMBRE BLANCHE.

Elle nous propose donc un travail d’installation ainsi qu’une incursion dans le monde du son. Pour ce faire elle utilise entre autres, de gros barils bleus de récupération d’eau. On peut voir dans ce choix une réflexion des réservoirs presque du même bleu, qui ponctuent Rio et qui sont omniprésents sur les toits de la ville et surtout dans les Favellas. À LA CHAMBRE BLANCHE, un enregistrement des bruits intérieurs de notre corps sera placé sous un des trois les barils remplis d’eau et reliés par de gros tuyaux. Le son voyagera, porté par l’eau entre ces réceptacles. Les visiteurs seront invités à plonger le long tuyau de Da Vinci au plus profond d’un des réceptacles. Entendront-ils les vaisseaux qui sillonnent les mers ou le murmure de nos navires intérieurs?

En 2012, Naiana Magalhães obtient un diplôme du cours en arts visuels de l’université de Fortaleza, dans l’état de Ceará, Brésil. Elle a participé à plusieurs expositions collectives ainsi qu’à des résidences à Fortaleza, dont, « Specific » au Centre Culturel de la banque Nord-est ainsi qu’à « Residência em 7 » sous le tutorat de l’artiste Waléria Américo. À Rio de Janeiro, elle a participé à des expositions collectives telles « Á Primeira Vista » à la galerie Artur Fidalgo, sous le commissariat de Marcelo Campos et Efrain Almeida et à « Acontecimento » à l’atelier d’Isabela Capeto. À Rio, elle a également étudié à l’école des arts visuels de Parque Lage. Elle vit et travaille à Rio de Janeiro au Brésil.

Podcast – L’Aérospatial, émission du 17 février 2015

Podcast de l’édition du 17 février 2015 de L’Aérospatial.

Au menu pour cette semaine :

  • Entrevue avec Grégory Chatonsky, autour de sa résidence d’artiste à La Chambre blanche;
  • Chronique de Jean-Pierre Guay et Fanny Hénon-Lévy : commentaires autour des différentes installations du Mois Multi 16;
  • La revue de presse Arts visuels de Raymond Poirier;
  • La sélection audio de Simon Roy.

Animation et recherche : Julie Gagné

Télécharger l’émission.

Véronique Leblanc en résidence de recherche à La Chambre blanche

Dans le cadre de son programme de résidence de recherche, LA CHAMBRE BLANCHE est heureuse d’accueillir la commissaire et auteure Véronique Leblanc. Cette résidence au centre de documentation s’étalera du 22 janvier au 8 mars 2015

Lors de sa résidence, Véronique Leblanc entend approfondir deux aspects de sa démarche professionnelle.

La commissaire se penchera sur la manière dont une série de pratiques artistiques actuelles commandent des formes variées de diffusion, ce qui entraîne inévitablement une transformation du travail de commissariat. Elle entend également explorer la résidence afin de mieux en comprendre les spécificités. Comment la résidence contribue-t-elle au développement de projets contextuels? Comment est-elle susceptible d’affecter la pratique du commissariat d’exposition? Pour ce faire, Leblanc consultera la documentation disponible sur les projets d’art in situ menés par LA CHAMBRE BLANCHE, notamment depuis les années 1990. Elle entend se pencher sur ce qui se transforme depuis une vingtaine d’années au sein de l’art in situ et l’art contextuel.

Ce premier volet s’inscrit en continuité avec les deux derniers projets d’expositions de Leblanc : «Faire avec», une exposition d’art in situ sur le territoire des Îles-de-la-Madeleine et «Fabriquer l’improbable», une résidence-événement qui accueillait plusieurs artistes en résidence pour deux mois au centre d’artistes Est-Nord-Est. Pour Véronique Leblanc, cette résidence à LA CHAMBRE BLANCHE sera l’occasion entre autres d’observer sa propre expérience de résidence afin d’esquisser les contours d’un « commissariat contextuel ».

Dans le cadre du deuxième volet, Leblanc, entend dresser une liste d’une dizaine d’artistes résidant à Québec et dans les environs afin de les rencontrer pour discuter de leur travail récent dans le cadre de visites d’ateliers. Le repérage de ces artistes se fera grâce à la consultation de la documentation disponible, mais aussi au moyen des différentes rencontres qui surviendront tout au long de la résidence, avec différents acteurs du milieu artistique de Québec.

Leblanc souhaite que ses investigations au centre de documentation lui permettent de découvrir des artistes du Québec, du Canada et de l’international dont la pratique est en lien avec les thèmes et les problématiques qui la préoccupent. Le contact avec le travail de différents artistes enrichit continuellement sa pratique du commissariat et de l’écriture.

Véronique Leblanc est commissaire indépendante, auteure et chargée de cours en histoire de l’art à l’Université du Québec à Montréal. Détentrice d’une maîtrise en études des arts de l’Université du Québec à Montréal, elle a organisé des expositions présentant notamment le travail d’Artur Żmijewski (Pologne), Paul Wiersbinski (Allemagne), Dave Ball (Royaume-Uni), Jean-Pierre Aubé, Patrick Beaulieu, Louis-Philippe Côté, Jean-Pierre Gauthier, ATSA et Jonathan Villeneuve (Canada). Elle est lauréate du Prix John R. Porter 2015 pour ses essais sur Emmanuelle Léonard et Artur Żmijewski et elle contribue à titre d’auteure à différentes publications en art actuel. Plus récemment, elle recevait le prix de la Résidence de recherche 2014 pour commissaire au ISCP à Brooklyn, dans le cadre d’une bourse du CALQ.

Revue de presse de L’Aérospatial (25 novembre 2014)

Revue de presse de L’Aérospatial, livrée par notre collaborateur Raymond Poirier lors de l’émission du mardi 25 novembre 2014 :

Charles-Étienne Brochu, récipiendaire du prix l@ch@mbrebl@nche 2014

Le prix l@ch@mbrebl@nche 2014 a été remis à Charles-Étienne Brochu, finissant du baccalauréat en arts visuels et médiatiques de l’Université Laval. Brochu entame donc une résidence de production en arts numériques de six semaines avec l’objectif de produire une œuvre qui sera exposée sur le site web de LA CHAMBRE BLANCHE.

Qui dit résidence de production pour un artiste en tout début de pratique, dit aussi expérimentation et apprentissage. Brochu a accès au tout nouveau laboratoire de la chambre blanche et aux formations qui y sont offertes. Il considère cela comme très précieux, une transition rassurante, mais surtout enrichissante de la vie universitaire et la réalité de l’artiste au quotidien.

La pratique artistique de Brochu s’est jusqu’à maintenant concentrée sur le dessin numérique avec quelques incursions dans l’utilisation du web dans ses oeuvres. Le prix l@ch@mbrebl@nche fut d’abord conçu pour une résidence en art web. Dans le cas de Brochu, son intérêt pour le dessin a touché le comité de sélection qui s’est dit que le travail du jeune artiste, moins spécifique aux arts numériques aurait sa place et une certaine originalité dans le contexte du nouveau laboratoire et de toutes les pistes de travail qu’il rend possible. Le dessin comme Brochu l’entend semble très à propos dans un contexte hypermédiatique.

C’est donc tête première que Charles-Étienne Brochu plonge dans cette résidence de six semaines dont le parcours comptera certainement autant pour l’artiste que l’œuvre qui en naîtra.

Charles-Étienne Brochu a obtenu son baccalauréat en arts visuels et médiatiques, de l’Université Laval en 2014. Il a exposé en solo entre autres au Divan Orange à Montréal (2014), à la Galerie de l’Université Laval (2013) et a également collaboré à de nombreuses expositions collectives. Il vit et travaille à Québec.

Ouverture de résidence de Nancy Samara Guzmàn Fernàndez et Rodrigo Frìas Becerra à La Chambre blanche

LA CHAMBRE BLANCHE reçoit l’artiste mexicaine Nancy Samara Guzmán Fernández pour une résidence in situ du 2 septembre au 21 décembre. Le vernissage de l’œuvre Not wild, but still life se tiendra le 27 novembre 2014 dans la salle d’exposition du centre.

Nancy Samara Guzmán Fernández s’intéresse à la bureaucratie; ce bras du gouvernement qui doit en principe faciliter l’accès du peuple aux services, mais qui trop souvent nous plonge dans un dédale, une lourdeur de procédures qui nous écrase, nous décourage. Guzmán Fernández a amorcé cette recherche au Mexique en février 2014 en créant un bureau factice où se tenaient des gardiens de sécurité, dans lequel le public désirant visiter son exposition intitulée Regrese Mañana (revenez demain) devait d’abord remplir un formulaire et se faire dire de : revenir demain! Ils devaient donc surmonter la bureaucratie paralysante du pays pour accéder à l’oeuvre.

À Québec, Nancy Samara Guzman Fernandez a amorcé son travail par un tourisme bureaucratique cherchant l’esthétique inhérente à la bureaucratie de la ville. Elle a donc visité plusieurs édifices pour finalement tomber sous le charme de l’Édifice Marie-Guyart mieux connu comme le Complexe G. En une seule journée, elle a parcouru les 30 étages de l’immeuble, en a recherché l’historique, s’est imprégnée de son esthétique. Elle s’est émerveillée du foisonnement de plantes nourries non pas par mère Nature, mais par les employés de l’édifice.

En compagnie de son acolyte Rodrigo Frías Becerra, elle imagine une vie qui s’éveille et foisonne une fois les lieux déserts. Elle propose une installation qui raconte comment les plantes, meubles et autres symboles de la bureaucratie trouvent dans le silence des bureaux une vie fertile, autonome, un univers onirique en quelque sorte.

Le public est donc invité à se plonger dans un espace bureaucratique décalé, où la photo, les sculptures de papier et la performance donneront un aperçu d’un monde réinventé. Pas la vie sauvage d’une quelconque jungle, mais la vie en suspens d’un univers Kafkaesque.

Guzmán Fernández et Frías Becerra constatent que si le gouvernement québécois est maternel dans son essence, celui du Mexique est considéré comme un père absent et abusif. Préoccupés par la disparition de leurs 43 frères et sœurs, les artistes tiennent à ajouter cette phrase : « Nous voulons savoir où sont les étudiants » . Sans doute, l’ombre de ces disparus planera sur cette résidence.

Nancy Samara Guzmán Fernández est née dans la ville de Mexico. Elle détient un baccalauréat en arts visuels de Universidad de Guadalajara. Elle détient également un diplôme en communication et a fait des études en cinéma et en photo. Elle vit et travaille à Guadalajara.

Rodrigo Frías Becerra est né à dans la ville Mexico. Il détient un baccalauréat en arts plastiques et travaille depuis 12 ans comme directeur artistique et producteur de films. Frías Becerra est un explorateur.